En réponse à la dépêche de l’AEF

Suite à la diffusion de votre dépêche sur le nombre de CPE , l’Association Nationale des Conseillers Principaux d’Education souhaite apporter les précisions et commentaires suivants :

« Depuis 2002 le nombre de postes ouverts au concours de conseillers principaux d’éducation (CPE) a diminué de moitié (500 en 2002 pour 250 en 2010). En dehors de cette année où 50 postes supplémentaires ont été ouverts au concours interne, fermé depuis 2007, le nombre a toujours été  en baisse. Concernant le chiffre de  3000 postes supplémentaires de CPE qui auraient été créés depuis 2002, chiffre cité par le Ministre de l’Education , M.Luc CHATEL , sur LCI, l’ANCpE tient à signaler le décalage qu’elle ressent entre le nombre avancé et la réalité professionnelle des établissements. Ce chiffre  repose probablement sur la nécessité créée par la LOLF de revoir le mode de calcul des postes et de présenter  le nombre réel de postes de CPE ? L’ANCpE pense que ce chiffre de 3000 CPE supplémentaires  ne correspond pas à une réalité humaine mais repose essentiellement sur des modes différents de présentation comptable.

La volonté de l’ANCpE , association professionnelle, n’est pas de polémiquer sur les chiffres et leur utilisation mais plutôt d’apporter son analyse et des  éclairages sur l’actualité qui agite actuellement les établissements scolaires. Ces évènements tragiques montrent que les seuls équipements technologiques ne suffiront pas à juguler la violence scolaire. L’échec du système éducatif américain dans ce domaine est criant et doit être pris en compte. Face à ces problématiques, il est peut-être nécessaire d’équiper les établissements de portillons électroniques et de caméras de surveillance mais bien plus encore de mettre en place un accompagnement sur ce dispositif qui sans cela peut-être contreproductif et susciter, par réaction, plus de violence encore.  L’école doit également s’interroger  sur le sens des savoirs qu’elle enseigne, sur la nécessité de réfléchir pour chaque établissement à la mise en place d’une  politique éducative globale élaborée avec chaque partenaire , y compris avec les familles avec lesquelles elle se partage les enfants. Aujourd’hui l’école doit faire face à une  violence plus ou moins visible, les comportements des jeunes et des adultes en son sein ont changé,  l’encadrement doit aussi évoluer en donnant aux enseignants, aux CPE et autres éducateurs une formation qui tienne compte de ces changements et en leur donnant les outils nécessaires pour les prévenir. Il est peut-être temps d’en finir avec la précarité des personnels d’encadrement éducatif et d’engager une professionnalisation de ces derniers ? Enfin l’ANCpE aurait préféré que le Ministre appelle à des états généraux de « l’EDUCATION »  plutôt que de la « sécurité » car le premier terme se réfère à une réflexion de fond qui semble nécessaire alors que ne le second n’apportera sans doute que des réponses ponctuelles donc éphémères à une situation de crise qui, et nous ne pouvons que le craindre et le déplorer, ne manquera pas de se reproduire en l’absence d’une telle réflexion.

S.Krécina  : stephan.krecina@free.fr

co-président de l’ANCpE

Inscription Newsletter    Mentions légales   |    Gestion - MàJ le 30/09/2017    |    Déclaration CNIL 1550636     rss