Le comité directeur
Après l’assassinat de Samuel Paty, un enseignant qui expliquait la notion de liberté d’expression à ses élèves, l’ANCpE s’asssocie aux voix qui se sont élevées pour soutenir proches, collègues et ami.es, et toutes celles et ceux qui « travaillent pour une école qui forme chacune et chacun de ses élèves à la liberté de penser », comme le soulignait Philippe Meirieu (en tant que Président des CEMEA).
Les motivations de l’assassin sont nées de la contestation d’un cours par un parent d’élève au minimum proche de la mouvance islamiste, contre financement deux collègiens lui ont désigné l’enseignant. Le déroulé d’un drame qui nous ramène vers nos devoirs d’éducateur.trice dans les « micro-sociétés » que sont nos établissements scolaires.
L’école n’est pas un sanctuaire.
Depuis plus de 60 ans les bénévoles de notre association de Conseillers (principaux) d’Éducation portent, avec une détermination jamais entamée, la conviction qu’il nous faut toutes et tous lutter au quotidien contre toutes les formes de violence, des préjugés de tout type aux intégrismes religieux de tout bord, contre les idées réactionnaires voire fascistes.
La religion, les croyances, comme les idées racistes ou complotistes qui traversent la société, ne restent pas à la porte des établissements scolaires. Des jeunes sont porteurs de ces idéologies, certains affichent leur haine des Noirs, des Juifs, des homosexuels ou celle des mécréants, comme ils disent. D’autres s’opposent au contraire à ces préjugés. Les enseignants sont de fait confrontés aux opinions des élèves, voire de leurs parents.
Le meurtrier de Samuel Paty a voulu imposer sa morale religieuse par la force, suivant le projet politique des intégristes musulmans. Mais cette violence pratiquée au nom d’une religion n’est pas l’apanage exclusif de l’Islam. Et dans tous les établissements il sera (aussi) de notre responsabilité, dans les classes et dans tous les espaces de vie scolaire, de lutter contre les amalgames et le recours au bouc émissaire !
Non, l’école n’est pas un sanctuaire et nous nous en réjouissons ! Mais nous sommes conscients, et le vérifions chaque jour dans nos établissements, que plus la société s’enfonce dans la crise économique et sociale, plus le nombre de conflits qui s’expriment sous une forme ethnique, religieuse ou antioccidentale augmente. Et plus ils deviennent violents, plus les idées réactionnaires et de haine s’enracinent.
L’école à elle seule ne peut combattre efficacement les préjugés, les intégrismes religieux ou les idées réactionnaires. Pour autant, comme le pensait Samuel Paty, les classes sont des lieux de débat, de confrontation d’opinions, où certains jeunes peuvent découvrir d’autres façons de penser et mettre ainsi en doute les dogmes véhiculés dans leur propre milieu. De nombreux enseignants et conseillers principaux d’éducation se font l’écho de la richesse de ces confrontations, malgré leurs difficultés.
L’ANCpE, aussi « petite » soit-elle, ne cédera en rien à son projet éducatif, lutter contre l’obscurantisme, tous les obscurantismes !

Faits nous part des actions que vous mènerez collectivement, ce 2 novembre 2020, nous nous en ferons le relais contact.ancpe@gmail.com
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