réactions de l'ANCPE

CPE à quoi çà sert ?

 

Mais que fait le CPE ?

Qui peut prétendre aujourd’hui savoir en quoi consiste exactement le travail du Conseiller Principal d’Education (CPE) ? Quelles sont ses missions et sur quoi peut-il véritablement s’appuyer pour les mener à bien ? Qu’attend-on exactement de lui ? Quelles doivent être ses priorités ?

Les attentes qui pèsent sur les CPE sont contradictoires et les intéressés eux-mêmes ont bien du mal à s’y retrouver. Une crise d’identité assez profonde traverse le corps des CPE et son éclatement va s’accentuant. Des conceptions du métier de plus en plus diverses voient le jour. Certains finissent même par s’en tenir à la gestion du quotidien, ou plus exactement succombent à la « tyrannie de l’urgence ». D’autres trouvent refuge dans leur savoir faire et mettent l’accent sur les pratiques. Tous, ou presque,  s’interrogent sur l’avenir de leur profession. Qu’a véritablement à dire le CPE en matière d’éducation lorsqu’on se tourne vers lui (malaise dans la profession, malaise dans la civilisation) ?

Un métier de l’entre-deux

CPE. Par nature il s’agit d’un métier de l’entre-deux. Entre-deux entre la société et l’école. Entre-deux entre l’éducatif et le pédagogique. Entre-deux entre l’équipe de direction et les collègues enseignants. Entre-deux entre les adultes de l’établissement et les élèves. Entre-deux entre la famille et le jeune. Entre-deux entre le jeune et l’élève. Entre-deux surtout, et nous y reviendrons plus longuement, entre la modernité et la postmodernité.

Travailler dans l’entre-deux ! Voilà qui réclame assurément beaucoup d’énergie et qui demande indéniablement de solides compétences relationnelles. Mais bien plus encore cela implique d’avoir des convictions fortes, des objectifs clairs et une bonne connaissance des réalités multiples qui nous entourent et qui nous traversent. C’est bel et bien ce qui fait défaut aujourd’hui aux CPE mais aussi au système scolaire dans son ensemble.

L’entre-deux comme finalité ?

Faute de bien connaître l’environnement dans lequel nous évoluons, d’avoir des convictions fortes et des objectifs clairs, on se perd dans les méandres de l’entre-deux. C’est effectivement dans ces méandres qu’évoluent et se perdent bien des CPE et bien des projets éducatifs. L’accent est mis sur le lien, sur l’articulation, sur la relation, sur l’accompagnement, sur l’écoute, sur l’aide, sur le soutien, sur la médiation. Il s’agit d’arrondir les angles, de mettre de l’huile dans les rouages, de ne pas faire de vagues. Ces processus sont dépourvus de finalités ou plus exactement sont leur propre finalité.

A raison, les CPE mettent en avant la dimension éducative de leur travail. Comment cependant se positionner comme un éducateur lorsqu’on se situe dans l’entre-deux ? Sur quels fondements s’appuyer pour mettre en œuvre et faire vivre un projet éducatif digne de ce nom ? Quel sens et quelle direction donner à son travail au quotidien ? Plus globalement, comment éduquer à l’ère de la postmodernité ?

Nous croyons que c’est en redonnant du sens et de la valeur à l’éducatif que les CPE « retrouveront la flamme »…

 Jérémie CHASSING


L'ANCPE va t-elle devoir changer de nom ?

Dans l’Arrêté du 19 janvier 2012 portant sur la « création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel permettant la consultation des absences des élèves des établissements publics du second degré » (ouf !), paru au Journal officiel le 14 février, les personnes en charge du suivi et de la vérification du caractère « légitime » des absences sont désignées par les termes de « conseillers pédagogiques ».


Il faut reconnaître que la fonction de CPE, spécificité française, est mal connue du grand public.
Souvent CPE et conseillers d’orientation sont confondus par les parents, les médias… La confusion pour les « non-initiés » n’est pas dommageable. Mais que notre Ministère ne soit capable de désigner son personnel par le bon vocable….est incompréhensible. Je vois déjà les tenants du complot anti-cpe s’agiter sur leur chaise : conseiller pédagogique ! La dégradation de la fonction de Cpe n’est pas loin. Et d’ajouter que cela ne se fait pas n’importe quel jour : le 14
février, jour de la Saint Valentin ! Le ministère aurait voulu clamer son désamour pour ses personnels qu’il n’aurait pas trouve meilleure date ! Ce n’est même pas un coup d’essai : lors de la session 2009 du concours externe, l’étude de dossier était destinée aux candidats souhaitant devenir « Conseillers principaux d’Orientation ».

Il est vrai que la fonction de CPE a pris des virages au cours des dernières années... Lire la suite


 

Réaction à « Philippe, François, Marie, … »

22 novembre 2010

REGRETS

L’institution du « préfet des études » ne signifie pas une « négation de notre fonction, de notre existence et de nos compétences ». Elle est une véritable humiliation pour les CPE. A-t-on déjà vu une profession prenant la place d’une autre…..avec les mêmes attributions ; si ce n’est quelques caractères propres (recrutement sur profil, appartenance à l’équipe de direction) qui auraient pu en constituer, tout simplement, une évolution. Le fait que les CPE ne constituent même pas la catégorie de référence pour le recrutement de ces nouveaux personnels (ils ne viennent qu’en seconde position, après les enseignants) est un authentique affront. Il n’y a, dans le profil du « préfet des étude », du moins tel qu’il est défini dans la circulaire, rien que le CPE ne pourrait adopter pour son propre compte. C’est donc le CPE en tant que tel, et non pas ses valeurs et ses principes (prévention, lien avec les familles, accompagnement éducatif et pédagogique…, voir annexe de la circulaire), qui est rejeté. Pour agir efficacement, on se débarrasse des CPE. On a du mal à le croire…

Toute humiliation qui vous est faite, quelque injuste qu’elle puisse être, vous oblige néanmoins à vous interroger sur vous-même.
La « dérégulation massive qui touche actuellement le système éducatif », « l’émergence des idéologies libérales et sécuritaires » sont-elles vraiment les seules explications à cet incroyable situation où une profession est discréditée et remplacée par une autre, où « le fond de commerce » est, non pas « vendu » comme dit dans l’article, mais attribué à un autre négociant… ? Ne faut-il pas voir, plutôt, dans la paralysie qui touche notre fonction depuis si longtemps l’un des principaux facteurs de cette ignorance et de ce mépris de l’Institution. Depuis des années, les CPE réclament un texte supposé leur dire qui ils sont (de préférence irremplaçables) sans trop se préoccuper de « peser » sur le contenu de ce texte. N’est-il pas un peu tard pour « construire d’autres perspectives par devoir, par honnêteté intellectuelle, par professionnalisme » ?
Les contextes scolaires successifs (massification, montée de l’incivilité, de la compétition scolaire, l’ennui, la pénétration du droit dans l’école, les sorties sans qualification, les nouvelles technologies…), les réformes ( organisation des procédures disciplinaires, socle commun, réforme du collège, du lycée…) se succèdent depuis longtemps sans que notre métier ne paraisse jamais en être réellement affecté, pour le moins sans qu’il y trouve le moyen d’évoluer, de se ressourcer ni même de s’infléchir comme toute profession réellement vivante.
Les CPE se sentent peu ou prou les dépositaires d’une sorte d’essence éducative et les garants d’un ordre humaniste dans l’établissement. Sans doute est-ce là une conception assez juste de leur fonction mais nourrie trop exclusivement de certitudes et de la « voix des intellectuels» vers laquelle, de façon un peu humiliante encore, ils se tournent maintenant pour les défendre. D’autres « intellectuels » (Jean-Pierre OBIN) avait, par le passé, appelé à une évolution de la fonction de CPE. En vain.
Faute d’avoir évoluer à temps, notre fonction mute. Mais c’est une autre « espèce » qui apparaît, avec une autre histoire et des racines irrémédiablement perdues.

Alors ? Maintenant ? Que faire ? Demandez à Philippe, François et Marie… d’exigez le retrait de ce projet ? Soyons sérieux ! La dénomination de « préfet » ne suffira pas non plus à discréditer cette fonction si elle donne satisfaction dans les contextes scolaires difficiles où ces « préfets » sont appelés à exercer. Et comment feraient-ils moins bien que nous avec des moyens, des opportunités et une dynamique que nous n’avons pas ?
Des modalités de réaction sans doute existent (demander que cette fonction soit proposée en priorité au CPE, qu’elle ne constitue qu’une déclinaison locale de la fonction de CPE… que sais-je ?). Elles supposent sûrement d’attendre moins de la presse et des « intellectuels-porte-drapeaux » que de nous mêmes.

Michel MATEAU.

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