Concours externe CPE- Session 2005

DISSERTATION

Dans le projet de réforme de l’enseignement publié en 1946 et 1947 (et réédité en 2004), dit « plan Langevin-Wallon », un chapitre a pour titre « Education morale et civique. Formation de l’homme et du citoyen ». On peut y lire ceci :

« L’éducation morale et civique que l’école doit donner ne saurait se borner à l’étude d’un programme en un temps fixé par l’horaire. On ne peut en effet dissocier l’éducation de l’intelligence de celle du caractère. C’est la vie scolaire tout entière qui offre les moyens d’élever l’enfant. Le contenu de l’enseignement, plus encore ses méthodes et la discipline scolaire, sont les moyens permanents et normaux de donner à l’enfant le goût de la vérité, l’objectivité du jugement, l’esprit de libre examen et le sens critique qui feront de lui un homme libre du choix de ses opinions et de ses actes, de lui faire acquérir le sens de la vie sociale, des avantages et des charges qu’elle implique, et la conscience de ses responsabilités. « L’école, dit Paul Langevin, est une véritable entreprise de culture dont l’individu ne profite pleinement que s’il est entraîné et soutenu par le milieu scolaire. L’école fait faire à l’enfant l’apprentissage de la vie sociale et, singulièrement, de la vie démocratique…Ainsi se dégage la notion du groupe scolaire à structure démocratique auquel l’enfant participe comme futur citoyen et où peuvent se former en lui, non par les cours et les discours, mais par la vie et l’expérience, les vertus civiques fondamentales : sens de la responsabilité, discipline consentie, sacrifice à l’intérêt général, activités concertées et où on utilisera les diverses expériences de « self-government » dans la vie scolaire. [...]Le rôle des maîtres dans cette éducation sociale et civique par l’action est important mais discret. Il leur appartient de créer les conditions et l’atmosphère favorables. [...]Leur rôle est celui d’un témoin et d’un conseiller. Ils n’imposent pas leurs solutions, mais ils aident, ils suggèrent, ils proposent, ils s’efforcent de faire reconnaître les erreurs de jugement et de conduite, non en vertu de l’autorité que leur confère leur fonction, mais par le consentement sincère des esprits et des cœurs. A l’enseignement civique est liée l’éducation morale. Ce n’est pas une discipline dont un spécialiste a le monopole. Il appartient à tous les éducateurs de le donner, en toute circonstance, par l’organisation de la vie scolaire, par leur enseignement, par leur exemple. »

En vous appuyant notamment sur vos connaissances historiques et sociologiques, vous ferez l’analyse de ces propos et vous exposerez les termes dans lesquels se pose en 2005 la question de l’éducation dans les établissements scolaires.

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