Concours externe CPE- Session 1996

DISSERTATION

En 1918, les Compagnons de l’Université nouvelle écrivaient dans leur manifeste : « Les distinctions entre primaire, secondaire et supérieur n’ont plus de sens. Séparer dès l’origine les français en deux classes et les fixer pour toujours par une éducation différente, c’est aller à l’encontre du bon sens, de la justice et de l’intérêt national. Parlons de l’enseignement tout court, de l’enseignement unique. Assez de l’ancien enseignement primaire, du nom et de la chose. Nous avons trop longtemps conçu l’enseignement primaire comme une branche à part de l’enseignement général, comme une catégorie indépendante, ou un cycle fermé. Il n’est, il ne doit être qu’un début, un point de départ. C’est le commencement de tout enseignement quel qu’il soit, secondaire ou professionnel. C’est l’embarcadère. Ce n’est pas un tout qui n’est qu’un pis-aller : c’est une préparation, une introduction au reste. L’école unique résout simultanément deux questions : elle est l’enseignement démocratique et celle de la sélection par le mérite. »

Soixante-dix ans plus tard un historien, Antoine PROST, écrivait dans Ecole et stratification sociale : « La réforme des collèges n’a pas seulement consolidé la stratification sociale : elle l’a légitimée, puisqu’elle l’a fait reposer sur des critères apparemment scolaires et non plus ouvertement sociaux. Elle a invité ainsi les membres des divers groupes sociaux à intérioriser leurs positions sociales respectives et à assumer comme une conséquence de leur inégal mérite. »

En vous appuyant sur vos connaissances, quelles analyses pouvez-vous faire du projet d’école unique et du jugement d’Antoine PROST ? Plus largement, comment analysez-vous la manière dont ce projet a été mis en œuvre et ses effets ?

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